16 mai 2012

L’Amérique du Nord, nouveau Moyen-Orient énergétique ?

Par Chalom SCHIRMAN
Pétrole & Matières premières

Production de pétrole, Citigroup
Un rapport publié le 20 mars dernier par Citigroup (Energy 2020), sous la direction de Edward Morse (l’un des plus sérieux analystes dans le domaine de l’énergie) et disponible sur Internet, prévoit qu’avant la fin de cette décennie l’Amérique du Nord* sera devenue le plus important producteur et exportateur de ressources énergétiques (gazières et liquides) au monde. En 2011 déjà elle est redevenue exportatrice nette de produits pétroliers, ce qu’elle n’était plus depuis 1949.
Cinq sources principales expliquent cette montée en puissance (économique et, à terme, gécopolitique) du continent nord-américain : les schistes bitumineux du Canada, les réserves sous-marines profondes aux USA et au Mexique, les réserves de gaz naturel (y compris les gaz de schiste), la production de gaz naturel liquide et de agrocarburants. Ces sources ajouteraient 11 millions de barils/jours d’ici 2020 et la production en Amérique du Nord passerait de 15 à 27 Mb/j. L’Amérique du Nord remplacerait alors l’Arabie Saoudite comme swing supplier (producteur de remplacement, celui qui est capable de remplacer la production de tout autre producteur/exportateur qui viendrait à manquer).
Les conséquences (en termes de prix et de quantités d'hydrocarbures) de cette remarquable augmentation de la capacité productrice - des USA en particulier - sur l’économie de ce pays (sa réindustrialisation, comme l’indique le rapport) sont bien évidemment de première importance pour les années à venir.
Mais la réduction rapide de la dépendance énergétique et gécopolitique américaine (et occidentale) va bouleverser le panorama et les rapports de force mondiaux.

*Etats-Unis + Canada + Mexique [NDLR]





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