11 janvier 2012

Prochaine mise en service de l’oléoduc de Fujaïrah

Par Stephan SILVESTRE
Pétrole & Matières premières

Echaudés par les tensions récurrentes autour du détroit d’Ormuz, les Emirats Arabes Unis ont démarré en 2006 un projet d’oléoduc destiné à relier les champs pétrolifères de la région d’Habshan (ouest du pays) au port de Fujairah, situé sur le golfe d’Oman. Ce tracé permettra à Abou Dhabi d’exporter une grande partie de sa production pétrolière (1,5 Mbbl/jour sur une production totale de 2,5 Mbbl/j) sans avoir à emprunter le détroit régulièrement menacé par Téhéran. Ce flux équivaudra à environ 10% de celui du détroit (17 Mbbl/j), qui représente lui-même 20% des échanges mondiaux de brut.
En voie d’achèvement, le projet ADCOP (Abou Dhabi Crude Oil Pipeline) devrait être opérationnel d’ici le mois de juin. Outre l’oléoduc, un terminal pétrolier et un réservoir stratégique, il inclura aussi une nouvelle raffinerie destinée à l’exportation de produits finis. Ces équipements s’ajouteront aux existants (un gazoduc arrivant de Taweelah pour les mêmes raisons, des centrales électriques, des usines de dessalement d’eau de mer). La société émiratie IPIC (International Petroleum Investment Company) a investi 3,3 Md$ dans le projet et chargé la société chinoise China Petroleum Engineering and Construction Corp. de construire le pipeline.
Au-delà de son intérêt stratégique, cet oléoduc présentera aussi un intérêt économique : les primes d’assurances demandées par les assureurs de fret maritime ayant fortement augmenté ces dernières années dans cette région, l’acheminement par voie terrestre s’en trouve plus compétitif.
C'est d'ailleurs probablement là qu'il faut chercher les intentions de Téhéran. En effet, l'Iran serait certainement la première victime d'une hypothétique fermeture du détroit et Pékin, son premier client et principal soutient, n'apprécierait cela que modérément. Mais l'effet de ces menaces sur les cours du brut et sur les montants des primes d'assurances est des plus intéressants pour le régime des mollahs.

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