Par Stephan SILVESTRE
Nouvelles Energies
L’abaissement de la notation de la dette française va entraîner mécaniquement celui de nombreuses administrations et entreprises publiques adossées à l’Etat. Parmi elles, EDF vient de voir sa dette à long terme (près de 30 Md€) elle aussi dégradée par Standard & Poor’s de AA- à A+, avec une perspective stable, tout comme sa filiale RTE. Chez Moody’s, EDF reste notée Aa3 (équivalent du AA- de S&P), mais elle était déjà au cran A+ chez Fitch*. Cette dégradation devrait se traduire par une légère hausse de son taux d’emprunt LT.
Quelle conséquence sur le prix de l’électricité ?
Cela ne devrait pas peser le prix de vente du kWh. D’une part parce que cette hausse de taux ne s’appliquera que sur les futurs emprunts du groupe et non sur la dette existante, et d’autre part parce que le groupe est actuellement dans une dynamique de désendettement visant justement à diminuer la charge financière de sa dette.
D’autres facteurs sont bien plus enclins à peser sur le prix de vente TTC du kWh : les fortes hausses à venir de la CSPE (Contribution au Service Public de l’Electricité, finançant notamment le développement des énergies nouvelles) et du TURPE (Tarif d’Utilisation de Réseau Public d’Electricité, rémunérant les exploitants du réseau français), ou encore l’amortissement des investissements complémentaires de sécurité dans les centrales nucléaires, suite au dernier audit de l’ASN. Alors que ces trois postes devraient peser plusieurs dizaines de milliards d’euros sur les cinq prochaines années, le surcoût de charge financière dû à l’écart de taux d’intérêt restera plusieurs ordres de grandeurs au-dessous.
* Finance EDF


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