21 décembre 2011

2012 : La Chine rouge : Une nation verte ?

Par François LAFARGUE
Géopolitique

2012 sera une année cruciale avec quatre scrutin présidentiels, en France, aux États-Unis, en Chine et en Russie. Dans ces deux derniers pays, le suspens électoral est relatif puisque selon toute vraisemblance Xi Jinping et Vladimir Poutine devraient accéder à la charge suprême. Aux États-Unis et dans une certaine mesure en France, le débat électoral ne porte pas principalement sur les questions énergétiques, hormis quelques controverses sur la poursuite du programme nucléaire français. La priorité est d’ordre économique, la création d’emploi, et la lutte contre les déficits publics. Pourtant l’énergie sera en toile de fond des urnes dans ces quatre pays. En Russie, la popularité de Vladimir Poutine acquise lors de son premier passage au Kremlin (2000-2008) doit moins à sa pugnacité affichée dans la lutte contre les Tchétchènes qu’à la progression incontestable du revenu des Russes (le PIB par habitant a doublé depuis 2000). Un baril de pétrole inférieur à 100 dollars (et avec une monnaie américaine dépréciée) pourrait compromettre les ambitions internationales du pays et rendre plus délicat son nouveau passage au Kremlin. Pour Xi Jinping, la priorité est inverse, une énergie bon marché est indispensable alors même que la Chine est devenue le premier marché automobile mondial et le deuxième acheteur de pétrole. Une préoccupation partagée aux États-Unis, où une augmentation du prix du pétrole pourrait ramener comme en 2008, l’énergie au rang des premières préoccupations des Américains. En France, une victoire du candidat François Hollande et a fortiori une majorité PS-EELV au Parlement pourraient remettre en question le programme nucléaire du pays. Une véritable révolution dogmatique.

La véritable rupture dans le domaine énergétique pourrait venir de la Chine, longtemps dépeinte comme l’un des principaux pollueurs de la planète (depuis 2007, le pays est devenu devant les États-Unis, le premier émetteur de dioxyde de carbone), et qui progressivement s’est convertie à l’écologie. En février 2005, le gouvernement chinois a adopté le China Renewable Energy Law. Un effort soutenu est engagé pour accroître la part des énergies renouvelable dans la production d’électricité, qui devrait passer de 17 % à 40 % en 2040. La Chine (RPC) dispose de plusieurs atouts dans ce domaine. En premier lieu, sa géographie avec les immensités désertiques comme le désert du Xinjiang ou de Gobi qui offrent une longue durée d’ensoleillement, et des fleuves au débit puissant, qui s’étendent sur plusieurs milliers de kilomètres comme le Yangtsé. Les coûts de revient dans l’industrie lui permettent de fabriquer des panneaux solaires à des prix très compétitifs (les entreprises chinoises comme Suntech, Yingli ou JA Solar contrôlent 70 % de la fabrication mondiale). Une position dominante qui lui vaut une enquête des États-Unis, pour pratique de dumping. Pour le moment l’énergie hydraulique représente 90 % des énergies renouvelables. La RPC est le premier producteur mondial d’hydroélectricité devant le Brésil et d’énergie éolienne devant les États-Unis.
Xi Jinping devrait accélérer cette conversion à l’écologie, confirmer et amplifier les mesures prises dans le cadre du XIIe plan en 2011 et permettre ainsi à la Chine d’être, une fois n’est pas coutume, citée en exemple.

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