Géopolitique
2012 sera une année cruciale avec quatre scrutin présidentiels, en France, aux États-Unis, en Chine et en Russie. Dans ces deux derniers pays, le suspens électoral est relatif puisque selon toute vraisemblance Xi Jinping et Vladimir Poutine devraient accéder à la charge suprême. Aux États-Unis et dans une certaine mesure en France, le débat électoral ne porte pas principalement sur les questions énergétiques, hormis quelques controverses sur la poursuite du programme nucléaire français. La priorité est d’ordre économique, la création d’emploi, et la lutte contre les déficits publics. Pourtant l’énergie sera en toile de fond des urnes dans ces quatre pays. En Russie, la popularité de Vladimir Poutine acquise lors de son premier passage au Kremlin (2000-2008) doit moins à sa pugnacité affichée dans la lutte contre les Tchétchènes qu’à la progression incontestable du revenu des Russes (le PIB par habitant a doublé depuis 2000). Un baril de pétrole inférieur à 100 dollars (et avec une monnaie américaine dépréciée) pourrait compromettre les ambitions internationales du pays et rendre plus délicat son nouveau passage au Kremlin. Pour Xi Jinping, la priorité est inverse, une énergie bon marché est indispensable alors même que la Chine est devenue le premier marché automobile mondial et le deuxième acheteur de pétrole. Une préoccupation partagée aux États-Unis, où une augmentation du prix du pétrole pourrait ramener comme en 2008, l’énergie au rang des premières préoccupations des Américains. En France, une victoire du candidat François Hollande et a fortiori une majorité PS-EELV au Parlement pourraient remettre en question le programme nucléaire du pays. Une véritable révolution dogmatique.

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