8 novembre 2011

Le terrorisme au XXIe siècle

Par Frédéric ENCEL
Géopolitique

En 2005, l’ONU échoua à définir le terrorisme. Sémantique et donc anecdotique au premier abord, marginale au regard des grands dossiers en suspens, la question donna lieu à des débats extrêmement âpres entre diplomaties. Car l’enjeu apparaît fondamental. Selon le qualificatif qui sera employé par l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité, la Cour internationale de Justice, les chancelleries, les médias et les simples citoyens, une politique menée par un groupe d’individus ou un Etat sera légitime ou au contraire disqualifié, voire durement réprimé ; on sublime le résistant, courageux devant l’oppression, là où le terroriste, lâche devant des faibles, est honni.
Qui résiste, qui terrorise ? Que l’instance internationale ne fournisse pas de définition faute de consensus ne doit pas nous interdire de tenter d’en dégager une. Le résistant comme le terroriste font certes usage de la violence pour des raisons idéologiques ou religieuses, mais, tandis que le résistant borne ses attaques à des cibles militaires en temps d’occupation (perçue comme telle, ou réelle en droit), le terroriste frappe indistinctement des civils. Or la nature de la cible – et non le contexte dans lequel on la vise ou l’arme utilisée (un aéronef civil peut devenir une arme redoutable…) – nous semble un critère distinctif tout à fait fondamental ; en effet si des considérations contextuelles (état de souffrance politique, psychologique ou sociale) doivent qualifier la nature de l’acte de celui qui tue comme « résistant », alors ses victimes civiles – par définition ontologiquement innocentes comme telles – deviennent un peu coupables… Les résistants français sous l’Occupation, souvent pris en exemple par d’authentiques terroristes contemporains, ne frappaient que les occupants militaires allemands et non leurs familles. [...]


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