12 septembre 2011

Pourquoi l'OPEP ne veut pas relever ses quotas

Par Thomas PORCHER
Pétrole & Matières premières


Actuellement, les quotas de production de l’OPEP s’élèvent à 24,84 millions de barils/jour avec une production effective de 26,2 millions de barils/jour (en raison des dépassements des quotas) et une capacité de production de 35,45 millions de barils/jour. Pourquoi l’OPEP avec un cours du baril autour de 115$ ne veut-elle pas produire plus ?
Pour comprendre la stratégie de l’OPEP, il faut d’abord comprendre la structure du marché du pétrole. Le marché international du brut est composé d’un cartel (l’OPEP), qui détient la majorité des réserves de pétrole conventionnel et de pays non OPEP qui agissent indépendamment les uns des autres et qui, à eux tout seuls, n’ont pas assez de réserves et de capacités de production pour influencer le prix du baril.
Dans une telle structure de marché, quelle stratégie l’OPEP a-t-elle intérêt à adopter ?
- Premièrement, dissuader les pays consommateurs de se lancer dans des programmes de recherche-développement visant à trouver des substituts au pétrole ;
- Deuxièmement, épuiser les réserves du « concurrent » (c’est-à-dire les pays non OPEP) afin de devenir le seul offreur du marché et de bénéficier d’un statut de monopole.
Le but de l’OPEP est donc d’établir, en jouant avec les quotas, une tranche de prix suffisamment élevée pour rentabiliser l’exploitation de la plupart des gisements de la zone non OPEP. Cependant, cette tranche de prix ne doit pas être élevée au point d’inciter à la recherche de substituts à grande échelle.
Or, à moyen terme, la menace du substitut reste illusoire. Dans ces conditions, sa stratégie unique consiste donc dans l’épuisement des réserves des pays non OPEP, pour pouvoir être en monopole et pratiquer un prix de monopole. Et comme plus le prix est élevé, plus les pays non OPEP largement contrôlés par les compagnies pétrolières produisent, on peut dire qu’un prix élevé accélère l’épuisement des réserves des pays non OPEP. Les quotas de l’OPEP sont donc déterminés par l’évolution de la demande, de sorte que l’offre égale tout juste la demande, ce qui engendre des tensions sur les prix.

1 commentaire:

  1. excellente analyse
    Du Grand Art

    Une petite erreur : substituts à grande échelle
    plus l'échelle est grande, plus la représentation est petite.
    Pour dire que c'est à l'échelle mondiale, il faut dire à petite échelle...

    RépondreSupprimer