19 septembre 2011

Dossier : Le défi de l’énergie en Asie (2ème partie)

Par François LAFARGUE
Géopolitique


Rencontre Poutine-Hu, mai 2010

(...) Si le Moyen Orient demeure l’un des principaux fournisseurs en pétrole des pays asiatiques, l’instabilité de cette région les oblige à diversifier leurs sources d’approvisionnement. La RPC a entrepris une ambitieuse politique africaine, puisque les échanges commerciaux sino-africains sont passés 39,7 milliards de dollars en 2000 à 90 milliards en 2009. L’Inde s’intéresse aussi au continent noir et a organisé un premier sommet avec 14 pays africains en avril 2008 à New Delhi.
Mais les pays d’Asie se tournent également vers la Russie, plus proche géographiquement et qui détient 5,6 % des réserves mondiales de pétrole. De manière assez paradoxale, les partenariats énergétiques entre la Chine (le 2e importateur mondial de pétrole en 2010) et la Russie (le 2e exportateur mondial) restent encore limités en dépit des sollicitations pressantes des dirigeants chinois. Le paradoxe est d’autant plus à souligner que la proximité géographique des deux nations comme leurs stratégies énergétiques, devraient les inciter à coopérer davantage. En toute logique, la Russie dont plusieurs gisements en hydrocarbures ne sont guère éloignés de la frontière chinoise, devrait être un partenaire énergétique important de Pékin, pourtant, pour le moment, Moscou n’assure que 6 % des importations en pétrole de Pékin. Longtemps, les contentieux politiques et territoriaux (notamment à propos du tracé frontalier sur le fleuve Amour) entre Moscou et Pékin ont rendu difficiles les projets dans le domaine énergétique. Enfin, la Russie privilégiait l’Inde, son alliée traditionnelle dont elle demeure toujours un fournisseur important. Aujourd’hui, l’amélioration des relations bilatérales permet d’envisager l’approfondissement des relations énergétiques entre les deux pays.
Mais les gisements de Russie intéressent également le Japon. L’archipel est le 3e importateur mondial de pétrole et le 1er importateur mondial de gaz naturel liquéfié. La Russie demeure toutefois un fournisseur négligeable de Tokyo, en dépit de la proximité géographique entre les deux pays. Depuis 1945 aucun traité de paix n’a été signé entre la Russie et le Japon, principalement à cause du contentieux des îles Kouriles (l’Union soviétique n’avait pas signé le Traité de San Francisco en 1951, qui a permis au Japon de recouvrer sa souveraineté). Cette situation politique ralentit les projets communs d’exploitation des gisements russes.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire